Entrepreneuriat

Des valeurs sûres: Le MBAM et Druide Informatique

Rencontrer une intrapreneuse et un entrepreneur à quelques jours d’intervalle provoque des réflexions intéressantes.

Rappelez-vous qu’un intrapreneur, terme plus utilisé en anglais qu’en français, est tout simplement cette personne qui a un sens de l’initiative, un désir d’innover, une capacité à rassembler les autres autour d’un projet, une créativité qui la distingue. Ce sont les qualités que l’on retrouve chez l’entrepreneur debutant autant que chez l’entrepreneur aguerri.

 

Après avoir écouté Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux arts de Montréal (“intrapreneuse”) et André d’Orsonnens (“entrepreneur”) Cofondateur, président du conseil et chef de la direction de Druide informatique (les inventeurs d’Antidote cet outil indispensable de rédaction), plusieurs questions reviennent dans les deux parcours:

 

Qu’est-ce que la réussite?

Qu’est-ce que trouver sa voie comme dirigeant, comme organisation?

Quand la trouve-t-on?

Comment développer un produit ou un service culturel?

Comment exporter ses idées vers d’autres pays?

Quel produit lancer,quand?

Que veut le client?

Quelle structure organisationnelle permet de réaliser les objectifs?

Comment encourager la relève?

Qu’est-ce que l’engagement dans sa société quand on a réussi?

 

L’une a pour mission de transmettre l’art, de faire connaître les collections permanentes du  MBAM et de monter des expositions grand public et l’autre a pour mission de transmettre le goût du français bien écrit en fournissant des outils en ligne d’aide à la rédaction.

Nathalie Bondil et André Orsonnens dirigent tous deux des organisations que j’appellerais des “passeurs”:  “passeurs du patrimoine québécois”  et “passeurs de mots”.  Pour réussir, ils ont un critère, une valeur qui prime plus que toutes :

L’excellence

 

Transmission + Excellence = Valeurs sûres

 

Ajoutez à ces valeurs, l’esprit visionnaire qui anime nos deux dirigeants et vous avez l’équation parfaite de la réussite, non pas instantanée, mais plutôt la réussite travaillée au quotidien, la réussite faite pour durer.

 

À nous, entrepreneurs et intrapreneurs, désireux de réussir et de rassembler les bonnes personnes autour de nos projets, je fais une proposition:

pourquoi ne pas prendre une journée au Musée et écrire un petit billet avec l’aide d’Antidote pour réfléchir à ce qui nous manque pour réussir dans nos projets?

 

Je crois que ces rares journées qu’il nous arrive de nous accorder pour faire “autre chose” sont des catalyseurs pour répondre aux questions fondamentales des valeurs qui guident notre entreprise.

Irez-vous au Musée ou me laisserez-vous un commentaire avec Antidote?

 

 

Ce billet est écrit après avoir entendu Nathalie Bondil lors de sa conférence HEC Conjuguée au féminin et André d’Orsonnens lors du Concours québécois en entrepreneuriat, 14e édition, dont il était le président d’honneur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7 secrets bien gardés de femmes entrepreneures!

Le secret no 1, celui qui m’a prise de court, c’est que les femmes entrepreneures disent avoir moins confiance en elles que les hommes à l’étape de prédémarrage de l’entreprise ou en développement des affaires. C’est le constat fait après avoir mené un sondage auprès d’une centaine de femmes entrepreneures sur l’île de Montréal pour le compte de Femmessor-Montréal, une organisation dédiée au soutien à l’entrepreneuriat féminin. Ces données se trouvent confirmées par une série d’entrevues faites auprès de 175 000 adultes et parue sous le nom de Global Entrepreneurship Monitor 2010 Women’s Report démontrant que quelque soit l’économie ou la culture étudiée, les femmes manquent plus de confiance en elles que les hommes lorsqu’elles démarrent une entreprise.

S’il y a des femmes que je percevais comme pleines d’assurance en elles-mêmes, ce sont bien les femmes qui se lancent en affaires!

Créativité: 

Le secret no 2 est que les femmes entrepreneures sont très créatives. C’est même le trait de personnalité qui ressort le plus clairement comme facteur de réussite en entrepreneuriat. La prise de risque, le leadership, la communication et la confiance en soi font pâle figure comparés à la créativité! La capacité de voir les choses sous un angle différent, l’inventivité, l’imagination font partie de l’ADN de la femme entrepreneure.

 

Que leur manque-t-il à ces femmes entrepreneures? Quelles sont les habiletés qu’elles ont eues à développer pour réussir à monter leur entreprise?

Habiletés à vendre et à réseauter:

Voici les secrets nos 3 et 4 : l’habileté à développer leur réseau de contacts est quelque chose que les femmes considèrent comme un facteur critique de succès qu’il faut apprendre à maitriser et à aimer faire. De pair avec le « networking » viennent les habiletés à vendre leurs produits, leurs idées, leur entreprise, leur image.

 

Le portrait commence à se dessiner : une femme entrepreneure est créative, doit apprivoiser les techniques de vente, doit compter sur un bon réseau de relations et manque de confiance en elle.

Conciliation famille travail:

Ce qui nous mène au secret no 5, l’essence même de la vie de beaucoup de femmes : la nécessité de concilier le travail et la famille.

Sheryl Sandberg, COO de Facebook, a beau dire qu’elle se fait un point d’honneur de quitter le travail à 17 h 30 pour donner l’exemple, je n’en crois rien. Je soupçonne que c’est un geste purement théâtral destiné à frapper les esprits. Certes, c’est de bonne guerre pour tenter de contrer l’habitude de partir tard des employés de son département, mais ça ne règle pas pour autant la question de la conciliation travail-famille. Les avis sur la question sont d’ailleurs partagés.

D’un côté, on entend Jean Coutu dire que «La grande importance que les jeunes accordent à la conciliation travail-famille nuit au développement de l’entrepreneuriat  » et de l’autre côté Judy Servay, fondatrice du restaurant Robin des Bois, un restaurant à but non lucratif axé sur le bénévolat et la communauté, affirme  : «  Je n’aurais jamais eu une qualité de vie pareille si je n’avais pas choisi d’être entrepreneure. Il faut arrêter de dire que l’entrepreneuriat fait mener une vie de fous. C’est une exagération. Au contraire, j’y ai trouvé flexibilité et valorisation. Des amis qui travaillent aussi en entreprise ont aussi des horaires très chargés.» Il faut penser plus large comme le fait la nouvelle norme de conciliation travail-famille, sorte de norme ISO, lancée l’an dernier par le ministère de la Famille en 2011. Là-dessus, je suis catégorique il n’y a pas de secret! Passion et travail se confondent souvent chez les entrepreneurs. Il n’est plus rare aujourd’hui de les voir impliquer leurs enfants dès un jeune âge dans l’entreprise. Dernièrement, Anne Marcotte, productrice de l’émission pour entrepreneures, VoirGRAND.tv, a tourné l’épisode 9 en s’y montrant fièrement accompagnée de son garçon à qui elle expliquait les coulisses de la production.

Modèles féminins d’entrepreneures:

Le secret no 6? L’importance accordée aux modèles féminins d’entrepreneures. On les retrouve aux commandes d’entreprises de technologie comme Isabelle Bettez de 8D Technologies (la technologie derrière le BIXI) comme d’entreprises dans les secteurs plus traditionnels de la mode et de la restauration. Dans le sondage que nous avons mené, ce sont les Cora Tsouflidou et les Lise Watier qui sont ressorties comme les modèles d’aujourd’hui. Mais qui seront les modèles de demain? L’entrepreneuriat féminin au Québec a un taux de croissance de 102 % et cette tendance se reflète au niveau mondial. Il faut encourager de nouveaux modèles du Québec inc., encourager la relève et la culture entrepreneuriale.

Se réaliser et s’épanouir:

Et le secret no 7 répond à la question : pourquoi les femmes se lancent-elles en affaires? Réponses : pour être financièrement autonomes, pour ne pas avoir d’autre patron que soi, pour concilier famille-travail, mais surtout pour…. Se réaliser pleinement et s’épanouir!

 

Pour obtenir plus d’information sur le sondage mené en collaboration avec Femmessor-Montréal et Kim Auclair de Niviti, n’hésitez pas à me contacter à : laureco@smartcoaching.ca

10 raisons d’être féministe en 2012

1. L’économie mondiale a besoin des autres 51% de la population.  En février 2012, lors du Sommet de Davos, l’initiative Third Billion Campaign a été lancée.

« Ce troisième milliard découle de la notion qu’au cours de la prochaine décennie, l’impact des femmes sera au moins aussi significatif que celui des populations de la Chine et de l’Inde qui compte chacune plus d’un milliard de personnes. »

Melanne Verveer, ambassadrice itinérante des États-Unis pour la condition des femmes dans le monde.

 

2. L’entrepreneuriat féminin au Québec a un taux de croissance de 102% et cette tendance se reflète au niveau mondial.  Il faut encourager de nouveaux modèles du Québec Inc., encourager la relève et la culture entrepreneuriale.

 

3. L’égalité entre femmes et hommes est encore pleine de représentations stéréotypées

 

4. « La pleine participation des femmes (dans les parlements) renforce la démocratie » Michelle Bachelet, directrice d’ONU-femmes.

 

5. Le féminisme est un terme qui a vieilli.  Alors vive le féminisme renouvelé façon 2012! « Le féminisme est multiple. Vraiment pluriel » ( Caroline Hayeur, conceptrice du projet 24 poses féministes)

 

6. L’accès aux postes de direction est encore entravé par les « planchers collants » aussi connus sous le nom de « plafond de verre »

 

7. Les  femmes ne sont pas encore assez nombreuses à la table des C.A.  Pensons à la Table des partenaires influents créée par Le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine pour examiner les moyens de promouvoir la présence des femmes dans les conseils d’administration et dans la haute direction des grandes entreprises privées québécoises.  Une étude du Conference Board du Canada révèle qu’au rythme actuel, il faudrait 151 ans avant que la parité hommes femmes soit atteinte au niveau des cadres intermédiaires et supérieurs.

 

8. La conciliation travail-famille est toujours et encore au centre des préoccupations des familles. Et c’est donc un problème de société.  Pensons à la nouvelle norme de conciliation travail-famille, sorte de norme ISO, lancée l’an dernier par le ministère de la Famille en 2011.

 

9. L’image hypersexualisée des filles dans les médias et notre société.

 

 

Et la raison no. 10 mais non la moindre est: 

 

10. La motivation principale des femmes à lancer leur entreprise n’est pas la création d’emplois ou l’autonomie financière comme le révèle un sondage mené par Femmessor-Montréal, Kim Auclair de Niviti et moi-même auprès de 500 femmes entrepreneures ayant fait appel aux services de Femmessor-Montréal.  Chaque Femmessor au Québec offre des services de promotion, d’accompagnement, de coaching et de soutien financier afin d’accompagner la femme entrepreneure dans son projet de démarrage, d’expansion, de consolidation ou d’acquisition.

 

Voici le questionnaire et les réponses qui ont été recueillies: (en bleu dans le texte)

( * : Les utilisateurs peuvent cocher plusieurs cases, donc les pourcentages peuvent être supérieurs à 100 %.)

1. Quels sont les deux facteurs déterminants pour expliquer que vous ayez démarré une entreprise? *
□          Conciliation famille-travail

□          Réalisation de soi/Épanouissement personnel           61%

□          Autonomie financière

□         Idée de développement de marché

□         Être son propre patron                                                    55%

□         Autre :

 

 

2. Quel est le principal frein à l’entrepreneuriat que vous avez rencontré pour lancer votre entreprise ou la faire croître? *

□         Accès au financement                                                    52%

□         Manque de mentor

□         Perception du monde des affaires qu’il y a un risque plus élevé pour les femmes entrepreneures

□         Autre :                                                                              32%

manque de savoir-faire entrepreneurial, recherche de clients, barrières personnelles, organiser son temps pour le développement, trouver de bons collaborateurs, programmes d’aide sont limités quand on a plus de 35 ans, manque de réseau

 

3. Quels sont les traits de personnalité innés qui vous caractérisent et qui expliquent votre réussite en entrepreneuriat? *

□         Prise de risque

□         Leadership

□         Communication

□         Créativité                                                                    68%

□         Confiance en soi

□         Autre :

 

4. Quelles sont les habiletés que vous avez dû développer pour réussir en entrepreneuriat? *

□         Organisation du temps                                             57%

□         Capacité de déléguer

□         Habiletés de vente

□         Capacité à motiver

□         Habiletés à communiquer

□         Habiletés à bien s’entourer

□         Habiletés financières

□         Attitude vis à vis de l’échec

□         Capacité à développer mon réseau de contacts       52%

□         Tolérance à l’ambiguïté

□       Autre :

 

5.  “La grande importance que les jeunes accordent à la conciliation travail-famille nuit au développement de l’entrepreneuriat” ( Jean Coutu. La Presse 6 décembre 2011) *La conciliation travail-famille ou entrepreneuriat-famille est une de vos plus grandes priorités dans le développement de vos projets?

□         En accord                                                                    48%

□         en désaccord

□         Autre :

 

6. Aviez-vous travaillé en entreprise avant d’avoir votre propre entreprise? *

□        Oui (allez à la prochaine question)                              91%

□         Non

 

7. Si vous avez répondu “Oui” à la question précédente, combien d’années? Entre 3 et 23 ans

 

8. Si vous avez répondu à la question précédente, votre expérience en entreprise est-elle reliée au secteur d’activité choisi pour entreprendre?

□         Oui

□         Pas du tout                                                                  30%

□         Partiellement                                                              34%

 

9. À l’étape de pré-démarrrage de votre entreprise et en développement des affaires, voyez-vous une différence au niveau de la confiance en soi entre hommes et femmes? *

□         Les femmes ont plus confiance en elles que les hommes

□         Les femmes ont moins confiance en elles que les hommes   59%

□         Il n’y a pas de différence

□         Autre :

 

10. Quelle femme entrepreneure vous inspire? *Pour vous aider, voici quelques modèles féminins d’entrepreneures mais vous pouvez ajouter votre propre choix.

□         Cora Tsouflidou, Chez Cora                                          11%

□         Lise Watier, Institut Lise Watier                                 16%

□        Christiane Germain, Groupe Germain

□         Geneviève Gagnon, La fourmi bionique Inc.

□         Josée Fiset, Première Moisson

□         Anne Marcotte, Voir GRAND

□         Caroline Dumas, Soupesoup                                         14%

□         Penny Shuster, La Canadienne

□         Mitsou Gélinas, Dazmo Vidéo Assist et directrice de Clin d’oeil

□         Autre :  Anne-Sophie Pic, Cyndy Rivard, Michelle Blanc, Kim Auclair, Diane Bourque, Nathalie Francisci, Steve Jobs, Véronique Cloutier, Tara Hunt, ma mère, Marie St-Pierre, Geneviève Grandbois, Oprah Winfrey et Sheryl Sandberg de Facebook

 

En guise de conclusion, pourquoi ne pas se poser quelques questions en ce 8 mars 2012, journée internationale de la femme?

  •  Comment promouvoir au Québec les femmes entrepreneures pour les rendre plus visibles et  plus reconnues du grand public ?

 

Dans la liste des femmes citées dans « autres » femmes inspirantes, des entrepreneures d’ici sont nommées mais aussi des femmes comme Sheryl Sandberg, COO de Facebook qui est certes une « intrapreneure » mais pas une « entrepreneure ».   Et Oprah malgré tout le respect qu’on lui doit,  n’est pas québécoise… Quant à Steve Jobs, il a peut-être des qualités féminines mais il n’était pas une femme à ma connaissance.

 

Mention spéciale à une émission comme VoirGrand.TV et à Anne Marcotte qui donne de la visibilité trois femmes finalistes : Guylaine Lalancette, Annie Champagne et Sophie Lemieux.

  •  Qu’est-ce que la  confiance en soi ? Comment aider les femmes à l’acquérir dès leur plus jeune âge?

C’est  une des clés du succès en entrepreneuriat.  Notons que le sondage a été effectué auprès des femmes ayant bénéficié des services de Femmessor-Montréal et que ces femmes sont, pour beaucoup, issues de l’immigration et de minorités visibles.  Le pourcentage de 59% est peut-être plus élevé que dans la population en général.  Cependant, une série d’entrevues faites auprès de 175 000 adultes et parue sous le nom de Global Entrepreneurship Monitor 2010 Women’s Report confirme que quelque soit l’économie ou la culture étudiée, les femmes manquent plus de confiance en elles que les hommes lorsqu’elle démarrent une entreprise.

  •  La conciliation travail famille plus que jamais à l’ordre du jour en 2012? Quels sont nos modèles d’entreprises, d’entrepreneurs, d’entrepreneures?
  •  Comment encourager le mentorat auprès des femmes puisque les femmes nomment le réseautage comme une des habiletés les plus importantes à développer pour réussir en entrepreneuriat.

 

Et vous, quelles sont vos raisons d’être féministe en 2012?

 

 

En plus du sondage mené par Femmessor-Montréal, Kim Auclair et moi-même comptons analyser les réponses du grand public au même questionnaire.  Ce sondage est encore en ligne jusqu’au 19 mars si vous désirez y mettre votre grain de sel.

 

Pour toute question sur le sondage mené par Femmessor-Montréal, n’hésitez pas à me contacter à : laureco@smartcoaching.ca

 

 

 

 

Entrepreneures: pourquoi vous lancez-vous en affaires?

« Conciliation travail-famille » 476 000 résultats trouvés sur Google. En fait, je recherchais l’histoire de la députée québécoise expulsée de la Chambre des Communes parce qu’elle y avait amené exceptionnellement son bébé de 3 mois… Un bon exemple de conciliation travail-famille.

Concilier famille et travail, c’est aussi la raison la plus souvent invoquée par les femmes pour expliquer leur motivation à se lancer en affaires. Une de mes amies ayant une belle carrière à qui j’en parlais n’arrivait pas à croire que c’était encore et toujours un problème qu’on soit cadre ou entrepreneure.  Des données précises et chiffrées pour l’entrepreneuriat féminin sur l’île de Montréal, il n’y a en a malheureusement pas.  Au Québec, on sait que les femmes forment une catégorie d’entrepreneurs en croissance exponentielle : soit 102 % contre 26 % pour les hommes.  (RICHER, F. et L. ST-CYR 2007  « L’entrepreneuriat féminin au Québec – dix études de cas – p. 47)

D’autres études comme celle menée par le CNUCED des Nations Unies, l’entrepreneuriat féminin et l’innovation : un angle comparatif montre qu’il existe des différences liées au sexe dans la prise de risque et les motivations pour se lancer en affaires.

Le présent article est né en réponse à la question que se posait Kim Auclair, présidente de Nitivi, blogueuse, gestionnaire de communautés, entrepreneure et comme moi, siégeant sur le C.A. de Femmessor-Montréal, un organisme voué au soutien à l’entrepreneuriat féminin.

 

 Kim Auclair s’est demandé si :

 

« Les raisons qui motivent les femmes à se lancer en affaire sont-elles les mêmes que les hommes? »

 

Elle a donc posé la question dans les forums de discussion LinkedIn, Google +, Femmes d’Influence, Les Affaires, etc.   Pour compléter le tour d’horizon, j’ai par la suite posé une question connexe sur la page Facebook de SmartCoaching :

« Quelles sont les femmes entrepreneures qui vous inspirent? »

Deux raisons sont les plus souvent invoquées par nos répondants pour expliquer pourquoi les femmes se lancent en affaires :

Raison no 1 : Concilier famille- travail / gestion du temps 

 

J’avoue avoir été étonnée puisque nul n’est s’en savoir que le métier d’entrepreneur en plus de nécessiter le partage des tâches requiert un investissement de temps, d’énergie et bien souvent de ressources considérables ainsi qu’un engagement sans relâche.

Mais à travers les commentaires, il est clair que ce que recherchent les femmes en lançant leur entreprise c’est :

la flexibilité des horaires de travail,

le contrôle de leur temps

 

Plus que jamais, ce sujet est à d’actualité et TLMP encore plus fort depuis que Sheryl Sandberg, la COO de Facebook, fait de la promotion des femmes dans le milieu de travail son cheval de bataille. Je l’ai entendue sur toutes les tribunes, TED, Bloomberg, Davos parler de ce sujet. Elle dit même que c’est un problème bien plus aigu dans les foyers, dans nos propres maisons, que dans les entreprises. Bref, elle se donne pour mission de toujours aborder le sujet avec les candidates féminines afin qu’elles sachent qu’il est possible d’allier carrière et famille sans s’y perdre.   Pour voir l’entrevue TED en anglais, cliquez ici. 

Qu’en est-il de l’entrepreneuriat?

Quand Jean Coutu, notre grand entrepreneur québécois, a déclaré que selon lui, ” la grande importance que les jeunes accordent à la conciliation travail-famille nuit au développement de l’entrepreneuriat”, j’étais interloquée.  À sa décharge, il a développé sa pensée en disant aussi que “pour réussir, un entrepreneur n’a pas besoin de devenir un bourreau de travail, même si lui-même l’a été par moments. À ses yeux, un bon entrepreneur doit être muni de deux personnalités fortes mais autonomes: une au travail et l’autre dans sa vie familiale.”

Ce qui a changé entre l’époque où Jean Coutu a lancé ses pharmacies et maintenant, c’est le nombre grandissant de femmes qui accèdent à des postes de direction et qui lancent leur entreprise.  Quand une femme est entrepreneure et se retrouve à la tête d’employés, elle a les coudées franches pour ouvrir la voie à une forme de conciliation famille – travail qui n’existait pas avant.  Les changements sont en marche même s’ils ne sont pas encore assez rapides et imposants.

La compagnie de jeux vidéo Frima, de Québec, est un bel exemple, elle, qui fait de la conciliation famille-travail un facteur d’attraction et de rétention pour les femmes.  Saviez-vous que depuis avril 2011, il existe une certification offerte par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) aux entreprises qui ont adopté de bonnes pratiques en matière de conciliation travail-famille? Selon l’article paru dans Le Soleil , “la firme de divertissement de 350 employés espère toujours être la première au Québec – et au monde! – à obtenir cette certification qui se compare aux normes ISO qui s’appliquent au domaine industriel.”

Raison no 2 : Se réaliser / donner libre cours à sa créativité 

Créer une entreprise tient de l’artisan, de l’artiste, du génie créatif.  Entreprendre au féminin c’est avoir envie de créer, de se réaliser et je ne m’étonne pas que ce critère arrive bon deuxième.

La créativité est valorisée dans notre enfance, dans notre société.  Mais monter son entreprise demande créativité ET une bonne dose d’ambition.  Sheryl Sandberg, pour la citer encore, parle de « ambition gap » c’est-à-dire d’une façon d’éduquer les filles à la maison comme à l’école qui dicte implicitement aux filles d’avoir de l’ambition mais pas trop pour ne pas mettre en péril les responsabilités familiales à venir. Pour un garçon, être leader à un jeune âge est perçu comme un gage de succès. Pour une fille, l’ambition est à double tranchant.

Je ne sais pas si vous vous reconnaissez là dedans, mais moi oui. Et je suis bien d’accord avec Mme Sandbergh qu’il faut éduquer les filles en leur inculquant, tout au long de leur formation combien l’ambition, n’est pas un défaut chez une femme, au contraire.

 

Cette enquête « maison » à laquelle ont répondu une quarantaine de femmes et quelques hommes ne porte pas sur un échantillonnage représentatif et ne permet donc pas de tirer des conclusions que l’on peut généraliser.

Mais, je tire quelques constats :

1)   Il n’a pas été facile de dresser une liste de modèles féminins d’entrepreneures. Cela prouve bien qu’il reste encore du chemin à faire dans la promotion des femmes chefs de leur propre entreprise.

Voici la liste que j’avais soumise à mes “fans” sur facebook.  Lise Watier arrive première tandis que  Cora Tsouflidou, Christiane Germain, Josée Fiset et Anne Marcotte arrivent au second rang ex-aequo.

  1. Lise Watier, Lise Watier Cosmétiques
  2. Cora Tsouflidou, Chez Cora
  3. Christiane Germain, Goupe Germain
  4. Josée Fiset, Première Moisson
  5. Anne Marcotte, Voir GRAND.tv
  6. Caroline Dumas, Soupesoup
  7. Geneviève Gagnon, La fourmi bionique
  8. Penny Shuster, La Canadienne
  9. Mitsou Gélinas
  10. Autre

Ce sont les modèles féminins d’entrepreneures qui deviendront nos meilleures porte -paroles sur la conciliation famille et travail.

2)   Un portrait de l’entrepreneuriat féminin sur l’île de Montréal est devenu une nécessité, car pour aider les femmes à créer de la richesse collective et de l’emploi, il nous faut mieux connaître leurs motivations, défis, habitudes, valeurs et styles de gestion.

3)   L’autonomie financière et la création d’emplois n’ont été citées qu’une fois dans les commentaires.   Ces facteurs ont leur importance dans la décision des femmes de se lancer en affaires, mais n’apparaissent pas d’emblée comme principaux moteurs à l’entrepreneuriat féminin. Étrange non?

 

C’est pourquoi Kim Auclair et moi-même avons décidé d’élargir le bassin de répondants en diffusant un questionnaire aux femmes entrepreneures de Femmessor-Montréal en collaboration avec Femmessor-Montréal ainsi qu’à des femmes d’influence du milieu entrepreneurial et de vous proposer d’y participer.

Si vous souhaitez y participer, visitez le sondage en ligne sur l’entrepreneuriat féminin sur l’île de Montréal  en cliquant ici.

Kim et moi-même vous reviendrons avec les résultats durant le mois de mars 2012.

En attendant, à vous la parole!  Faites-nous connaître votre opinion car c’est ainsi que les solutions prennent forme.

 

 

Madeleine Careau: intrapreneure en série de l’OSM

 

Elle disait qu’elle ne passerait pas de temps à parler de ses 12 premières années de carrière comme si celles-ci ne pesaient pas si lourd en comparaison du défi de sa vie, la direction de l’Orchestre symphonique de Montréal.   Heureusement,  elle en a parlé, car pour comprendre la femme derrière le succès de l’OSM, il faut connaitre le cheminement qui a permis à Madeleine Careau de se bâtir, de se constituer un réseau de contacts dans tous les milieux, de devenir une gestionnaire chevronnée, une véritable entrepreneure au sein de l’organisation et une “maestro” des Relations publiques.

Arrivée sur le marché du travail à une époque où le mentorat n’était pas monnaie courante pour les femmes,  où les formations universitaires en gestion des organismes culturels n’existaient pas, Madeleine Careau s’est d’abord démarquée comme étudiante, passionnée d’arts et excellant dans la vente .   De fil en aiguille, on lui propose de prendre successivement la barre de l’Orchestre symphonique de Québec, de l’ADISQ, du Festival Juste Pour Rire, Starmania en passant par le Ministère de la Culture comme responsable des dossiers culturels. En 2000, elle est nommée chef de la direction de l’Orchestre symphonique de Montréal.

À travers l’histoire de son parcours, madame Careau laisse tomber des perles de sagesse au grand bonheur des entrepreneures réunies lors d’un des déjeuners-causeries des Beaux Jeudis organisé par Femmessor-Montréal  jeudi dernier.

 

Perle de sagesse no.1 : Créer des liens

Perle de sagesse no.2 : Trouver sa passion

 

Si on y regarde bien, les perles no. 1 et no. 2 ne vont pas  l’une  sans l’autre.   C’est parce que Mme Careau a la passion de travailler dans le domaine culturel qu’elle arrive à vendre ses idées, à rassembler du monde autour de ses projets, et à relever un défi après l’autre.  Sa passion est contagieuse. Ce faisant, elle ne manque pas de créer des liens durables avec des gens qu’elle retrouve sur son chemin plus tard.

  • Voudriez-vous créer plus de liens au sein de votre réseau actuel?  Parlez de la cause qui vous passionne.

 

Perle de sagesse no.3 : Rester humble

Madame Careau est une leader, mais une leader qui reste dans l’ombre et qui ne recherche pas les projecteurs.  Elle le dit elle-même:  Pourquoi vouloir rivaliser avec l’ego d’un chef d’orchestre, d’un artiste, d’un membre important du C.A. quand son énergie serait mieux investie à tirer les ficelles en coulisse?  Il faut avoir une bonne dose de confiance en sa valeur pour ne pas vouloir se mettre de l’avant, être la vedette et vouloir à tout prix la reconnaissance publique pour son travail.

  •  Posez-vous la question : qu’est-ce que la reconnaissance?  Est-elle le moteur de mes actions?

 

Perle de sagesse no.4 : On n’est jamais aussi bon que son dernier succès ni aussi mauvais que son dernier échec.

Perle de sagesse no.5 : “Avoir une tête heureuse”  : retourner les problèmes en opportunités.

Ces perles no. 4 et no. 5 sont mes préférées et elles vont main dans la main.  Comme toute dirigeante, madame Careau a son lot de déconvenues et de crises à gérer.  Ainsi, elle a vécu le départ précipité du chef d’orchestre de l’OSM,  Charles Dutoit  et la grève des musiciens.   Elle en profite pour en tirer des bons coups: restructurer l’administration et les finances, recruter un nouveau chef à la stature internationale, et annonce l’arrivée de Maestro Kent Nagano à Montréal, en produisant les musiciens avec leur nouveau chef au Stade Olympique tout juste 48h après la fin de la grève des musiciens.  Tout avait été réglé comme du papier à musique .

Madeleine Careau le rappelle, sa mère disait d’elle qu’elle avait une “tête heureuse”.   Face à un problème, elle trouve une façon d’en tirer une opportunité,  de retourner la situation à son avantage.  C’est tout l’art de savoir regarder la situation sous un autre angle.

  • Quelles sont vos façons de voir les choses sous un autre angle?
  • Passez-vous trop de temps à ressasser les échecs ou au contraire vous reposez-vous sur vos succès?

Perle de sagesse no.6 : Développer son sens de l’intrapreneurship 

L’intrapreneur est un entrepreneur au sein d’une organisation.  C’est la personne de passion et de conviction animée d’un grand sens de l’initiative et promouvant l’innovation .

L’OSM est une grosse machine avec un conseil d’administration de 40 personnes issues de divers secteurs,   de 90  musiciens d’un côté, d’une administration de l’autre et le défi continuel de survivre, l’obligation d’équilibrer les budgets tout en livrant un produit de la plus haute qualité.

Comme elle l’a fait dans tous ses postes précédents, madame Careau travaille comme une entrepreneure au sein de son organisation.  Elle ne perd jamais de vue son plan et joue son rôle de rassembleuse autour de l’objectif commun.

 

  • Quelle leçon retenez-vous pour vous, pour votre entreprise?

À la fin de la conférence, je lui ai demandé quelles étaient les qualités qu’elle recherchait chez un candidat à un poste à l’OSM.  Sa réponse reflète bien l’esprit qui règne parmi les membres de son équipe:

Passion,  dévouement à la cause, entregent et bien prendre le feedback.

 

Nous avons besoin que des modèles féminins d’entrepreneures et d’intrapreneures comme Madeleine Careau sortent de l’ombre plus souvent.